photo : Sébastien Michon - Le Val-Ouest
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Un projet résidentiel de 91 portes devrait voir le jour sur le chemin Thomas à Richmond. Ce projet, initié par l’entreprise bromontoise Gestion Terrart, a été présenté à la population le jeudi 14 mai dernier au Centre communautaire de Richmond.

La zone visée est un terrain d’environ 6,5 hectares (16 acres) zoné «blanc», à la limite entre la Ville de Richmond et du Canton de Melbourne. Un lieu qui était, jusqu’à tout récemment, utilisé pour des activités agricoles.

La conseillère Lyne Nadeau agissait à titre de mairesse suppléante lors de cet événement. Rappelant aux 80 personnes présentes que l’objectif de la rencontre était de leur permettre de s’informer, poser des questions, émettre des commentaires et proposer des suggestions.

La conseillère Lyne Nadeau agissait à titre de mairesse suppléante lors de cet événement.  (photo : Sébastien Michon – Le Val-Ouest)

De 170 portes à 91 portes

Les Richmondais et Richmondaises ont commencé à entendre parler de ce développement immobilier en avril 2025. L’ancien conseil municipal voulait à ce moment adopter un règlement pour changer le zonage. Ce qui aurait permis l’ajout de 170 portes dans cette zone qui comprend actuellement 19 résidences.

À la suite d’une mobilisation citoyenne, exigeant un référendum, le conseil municipal avait décidé, en juin 2025, de retirer sa proposition.

Cette version révisée prévoit désormais l’ajout de 35 habitations unifamiliales, trois triplex, deux quadruplex, six immeubles de six logements et un immeuble de neuf logements. Soit un ajout total de 91 portes.

«On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs»

Francis Roy, directeur du développement immobilier chez Gestion Terrart Inc., a donné le ton en début de séance.

«Nous sommes ici pour recueillir tous les commentaires afin d’en faire le plus beau projet possible et que tout le monde soit satisfait. On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs, comme l’expression le dit. Mais on ne fait pas non plus des projets en 2026 comme on le faisait il y a une décennie.»

Francis Roy, directeur du développement immobilier chez Gestion Terrart Inc.  (photo : Sébastien Michon – Le Val-Ouest)

Le directeur était accompagné de l’urbaniste attitré au projet, Luc Bougie. Celui-ci a mentionné que l’entreprise souhaite minimiser les impacts sur la zone boisée existante. Environ 27 % du projet serait couvert par les habitations et 5 % par les rues. Alors que le reste serait constitué d’espaces verts (45 %), d’un bassin de rétention d’eau et d’un parc (23 %).

«C’est un projet qui va quand même comporter beaucoup de verdure et d’espaces verts», a-t-il résumé.

Le promoteur a quant à lui indiqué qu’un projet réalisé dans ces conditions est une exception. «C’est une ancienne terre agricole, déjà déboisée. De ne pas avoir à faire de déboisement, c’est excessivement rare dans ma carrière de développeur.»

Un citoyen a exprimé qu’il souhaiterait qu’un corridor plus large que la bande riveraine soit protégé, de part et d’autre du cours d’eau qui traverse ce terrain. Compte tenu que des arbres matures s’y trouvent.

Deux projets et deux chantiers

Dès qu’il aura le feu vert de la municipalité, Gestion Terrart se chargera d’aménager les lieux et de développer tous les services : rues, trottoirs, aqueduc, égouts, drainage, etc. Et ce, à ses frais. Toutes ces infrastructures seront ensuite remises à la municipalité.

L’entreprise vendra ensuite ces terrains avec services à des constructeurs immobiliers ou encore à des particuliers pour y construire les différents types d’habitations prévues, selon les secteurs.

En parallèle à ces installations, la Ville de Richmond a aussi prévu, de son côté, rénover les infrastructures du chemin Thomas. Un projet qui fera d’ailleurs l’objet d’une séance d’information publique au cours des prochaines semaines.

Des citoyens ont suggéré que l’ensemble des travaux se fassent possiblement au même moment. Pour limiter les impacts sur les résidentes et résidents.

Luc Bougie, urbaniste attitré au projet par Gestion Terrart Inc.  (photo : Sébastien Michon – Le Val-Ouest)

«Je suis inquiète»

Plusieurs questions portaient sur l’augmentation du nombre de résidences dans ce quartier actuellement très paisible, situé en milieu rural.

«J’ai choisi de venir vivre à Richmond à cause de sa qualité de vie. Même si le projet a été révisé à la baisse, je suis inquiète», a fait savoir une citoyenne.

«Je comprends que vous n’êtes peut-être pas habitué, ici, à un tel développement. Ce projet vise à limiter l’étalement urbain, qui nécessite encore plus d’infrastructures, de coûts d’entretien, etc. Il y a un juste équilibre à faire. Et nous estimons que cet équilibre, nous l’atteignons avec ce projet», croit Francis Roy.

Davantage de circulation automobile

Certains citoyens s’interrogent aussi des effets sur la circulation automobile.

«Habituellement, pour un projet de cette envergure, on ne fait pas d’études de circulation. Mais si c’est une préoccupation importante chez les citoyens ou pour la municipalité, nous pouvons aller chercher un avis professionnel par rapport à l’impact potentiel», indique Francis Roy.

Un citoyen a demandé formellement à la ville qu’une firme indépendante s’en charge. «Je ne ferais pas confiance à un expert payé par le promoteur», a-t-il lancé.

Un responsable du transport scolaire a de son côté fait remarquer que les nouveaux développements ne prévoient pas des rues assez larges pour accommoder les autobus ou les camions de pompiers. Ce qui fait en sorte que les véhicules doivent rouler au milieu de la rue, lorsque des autos sont stationnées de part et d’autre. Ou même reculer, parce qu’ils sont incapable de s’engager dans les ronds-points.

Équilibre entre unifamiliales et plex

«Je vois qu’il y a beaucoup de blocs prévus. Si on mettait davantage de maisons unifamiliales et de duplex à la place, ça aurait l’avantage de réduire le trafic pour le monde alentour», exprime un citoyen.

Le promoteur n’est pas du même avis.

«Maintenant, quand on fait un développement, on essaie d’offrir le plus de mixité d’habitations possible. Personnellement, je trouve que 35 unités résidentielles, c’est déjà beaucoup. C’est beau de faire un plan et de vouloir développer. Mais après ça, il faut qu’il y ait une demande. Je prends le risque qu’il va y avoir au moins 35 personnes qui vont vouloir une résidence unifamiliale sur le chemin Thomas. Je n’aurais pas été prêt à en ajouter davantage.»

Il ajoute : «Le zonage permettait de faire des bâtiments jusqu’à 12 logements. Mais on a choisi de ne pas le faire. Parce que j’estime que ce serait plus difficile de trouver des gens intéressés par ces gros gabarits de bâtiments pour une municipalité comme Richmond.»

Concept d’aménagement des lieux, présenté par l’urbaniste Luc Bougie.  (photo : Sébastien Michon – Le Val-Ouest)

Des résidents veulent acheter des terrains

Certains résidents ont publiquement mentionné qu’ils songeaient à racheter des terrains, une fois qu’ils seront mis en vente. Pour faire sorte de conserver une quiétude près de chez eux. Le promoteur leur a répondu que c’était une option, sans avancer de prix pour le moment.

Y aura-t-il une unité architecturale?

Une autre des interventions visait à savoir si ce futur développement allait comporter une uniformité visuelle.

«S’il n’y a pas d’unité architecturale, ce qui va se construire-là, ce sera tout et n’importe quoi», pense ce citoyen.

Le promoteur a indiqué que les images contenues dans la présentation n’étaient là qu’à titre indicatif. «Les constructeurs arriveront avec leurs propres modèles», signale Luc Bougie.

Francis Roy souligne de son côté que ce n’est pas à Gestion Terrart d’imposer une architecture. D’autant plus que son entreprise ne construira pas les habitations. Il soutient que les tendances ont changé ces dernières années.

«Aujourd’hui, dans les nouveaux développements, les départements d’urbanisme des municipalités nous demandent généralement de faire des développements différents, sans critères architecturaux. Pour laisser une variété de choix.»

L’urbaniste de la Ville de Richmont, Francesco Cappai, a tenu à rappeler les règles. «Comme partout dans le reste de la ville, le monde ne peut pas construire ce qu’il veut. Il y a des critères dans le zonage. C’est la même chose ici.»

Francesco Cappai, urbaniste de la Ville de Richmond.  (photo : Sébastien Michon – Le Val-Ouest)

Préoccupations quant à la gestion de l’eau

Un propriétaire voisin du futur projet déplore que de récents travaux font dévier de l’eau chez lui. Le promoteur indique que tout devrait se régler lorsqu’on ajoutera un bassin de rétention des eaux de surface.

Ce même bassin permettra de filtrer l’eau avant qu’elle soit rejetée dans un cours d’eau. Tout en évitant d’en augmenter le débit. «Ce bassin aura une stabilité suffisante pour recevoir une forte pluie. Mais ça ne sera pas non plus un énorme trou rempli d’eau qui risque de céder. La plupart du temps, il y aura peu ou pas d’eau dans ce bassin», prévient Luc Bougie.

Vue aérienne du terrain où devrait se réaliser ce projet domiciliaire.  (crédit : Google Maps)

Un autre citoyen croit pour sa part que la Ville de Richmond devrait d’abord s’occuper de la gestion de ses eaux usées avant d’ajouter de nouvelles habitations.

«Je demande qu’il y ait un moratoire sur les constructions. Tant que les services municipaux ne seront pas capables d’arrêter de faire des déversements dans la rivière Saint-François», a-t-il lancé.

Rappelant qu’en 2024, la Fondation Rivières avait comptabilisé 70 déversements d’eaux usées de la Ville de Richmond dans la rivière Saint-François.

Ce même citoyen a ajouté :

«Le projet est peut-être légal, mais il n’est pas légitime sous différents aspects : qualité de vie, travaux, augmentation de la circulation, etc.»

Référendums abolis au profit de consultations

Cette séance publique fait partie de l’obligation de consultation publique que s’est donnée la Ville de Richmond. Les élus et élues ayant décidé, en 2025, d’abolir les référendums pour plutôt adopter une Politique de consultation publique. Ce qui avait suscité des réactions d’une partie de la population.

Le conseiller municipal Paul Massé est bien au courant de cette saga, lui qui réside sur le chemin Thomas. Début 2025, il s’était impliqué, à titre de citoyen, pour informer et mobiliser son voisinage vis-à-vis de ce projet domiciliaire. Tant et si bien que qu’il a décidé, quelques mois plus tard, de se présenter aux élections municipales et a été élu comme conseiller.

Bien qu’il aurait préféré éviter un développement immobilier dans ce secteur, il soutient que ses actions de l’an dernier ne visaient pas à «bloquer tout développement». Mais plutôt de s’assurer que le projet soit moins imposant.

«Quand un promoteur achète un terrain et qu’il veut investir dans un développement qui respecte le zonage et la réglementation, c’est lui qui prend le risque financier. Il n’y a pas grand-chose pour arrêter ce processus quand tout est dans les normes. La façon dont ce projet a évolué, passant de 170 portes à 97, est plus acceptable.»

Paul Massé, aujourd’hui conseiller municipal de Richmond, s’est grandement impliqué l’an dernier à titre de citoyen dans ce dossier de développement domiciliaire.  (photo : gracieuseté)

Un secteur dans la mire des développeurs immobiliers

Cette zone, située à deux pas du cœur villageois du Canton de Melbourne, est actuellement dans la mire de développeurs immobiliers.

Ce terrain a été vendu une première fois à Gestion Domar inc. en 2024 puis revendu à Terrart Immobilier inc. en 2025.

De l’autre côté du chemin Thomas, le terrain de golf Belle-View est lui aussi visé. En mars dernier, un autre groupe d’investisseurs l’a racheté pour ensuite mettre fin à l’exploitation du golf. Avec pour objectif de changer le zonage du terrain et d’y démarrer un projet immobilier.

Ce qui a été récemment refusé par les conseils municipaux du Canton de Melbourne et de Richmond. Compte tenu que le terrain du golf est situé sur le territoire des deux municipalités.

«On va en tenir compte»

Le directeur général, Rémi-Mario Mayette, a pris en note de l’ensemble des commentaires, recommandations et questions posées pendant la soirée. «On va en tenir compte et voir si des ajustements peuvent être faits», promet Lyne Nadeau.

La Ville de Richmond devrait publier un compte rendu de la rencontre prochainement sur son site Web. Les citoyennes et citoyens ont jusqu’au vendredi 22 mai pour faire parvenir d’autres questions et commentaires à la Ville de Richmond. Par la suite, la Ville organisera une consultation publique.

La séance d’information du 14 mai dernier constitue la troisième étape du processus de consultation publique pour ce projet.  (photo : Sébastien Michon – Le Val-Ouest)

 

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